Herbie Hancock & The Headhunters
Par Schizoïd Man, jeudi 18 décembre 2008 à 23:05 :: Schizoid Man :: #241 :: rss

Comme c'est bientôt Noël et que mon dernier post Schizoïd Man date de fin juin, j'ai décidé de me bouger un peu le f*** pour vous et comme c'est également bientôt l'hiver, je vous emmène vous chauffer les pâtes sous le feu d'une légendaire formation des années 70 : Herbie Hancock & The Headhunters !

Connu du grand public pour son tube interplanétaire Rock It sorti en 1983 et co-écrit avec Bill Laswell, Herbie Hancock est avant tout l'un des plus grands compositeurs/pianistes de jazz, mais pas seulement, un monstre sacré encore en activité.
Né en 1940 à Chicago où il reçoit une éducation musicale classique, Herbie Hancock enregistre dès 1962 avec Dexter Gordon, Freddie Hubbard, Billy Higgins et Butch Warren son premier album Takin' off chez Blue Note alors qu'il n'a que 22 ans. Ce best-seller contient son premier grand succès, le fameux thème de Watermelon Man...
Six autres albums verront le jour sur ce même label.

En parallèle, il participe à révolutionner le jazz avec le quintet historique de Miles Davis aux côtés de Wayne Shorter, Ron Carter et Tony Williams, un quintet dans lequel il va trouver sa sonorité : finesse du toucher héritée de son parcours de concertiste classique, main gauche rythmiquement exceptionnelle, savoir-faire pour créer des climats avec peu de notes, richesse harmonique et sens de l'improvisation alternant arpèges, accords, chromatismes et ostinatos...
Il participera un peu plus tard à d'autres albums historiques de Miles Davis tels In a Silent Way, A tribute to Jack Johnson... C'est d'ailleurs ce dernier qui l'incite à jouer du clavier électronique, c'est ainsi qu'il se familiarise avec des instruments comme le Fender Rhodes. Hancock se fascine alors pour les gadgets musicaux et développe une curiosité pour les nouvelles technologies qui ne le quittera pas (Il sera ainsi l'un des premiers utilisateurs d'un ordinateur Macintosh : voilà qui devrait convaincre les derniers irréductibles ^^).

La première excursion de Hancock dans l'électronique commence par un sextet composé du batteur Billy Hart, du bassiste Buster Williams, des cuivres Eddie Henderson, Julian Priester, Bennie Maupin et de Patrick Gleeson à la programmation.
Cette collaboration donnera trois albums de jazz électro-acoustique et expérimental où sont utilisés des instruments tels le le Clavinet, l'ARP Odyssey, l'ARP Pro-Soloist Synthesizer et le Minimoog...
De 1973 à 1976, au sortir de sa période jazz-fusion expérimentale, Herbie Hancock s'oriente vers un jazz-funk sous influence Sly Stone. C'est sur cette époque que nous allons nous attarder ici-bas...

Il forme donc un nouveau groupe les Headhunters avec Bennie Maupin (seul rescapé de l'aventure précédente), aux saxophones, à la flûte et à la clarinette basse, le bassiste Paul Jackson, le batteur Harvey Mason et le percussionniste Bill Summers. Il déclare alors :
"Plutôt que travailler avec des jazzmen sachant jouer du funk, j'ai travaillé avec des musiciens de funk sachant jouer du jazz."
Leur premier album Head Hunters sort en 1973 et rencontre d'emblée un succès commercial très important (plus d'un million d'exemplaires vendus). L'influence de ce disque sur le jazz et le funk ainsi que sur la soul et le hip-hop reste encore aujourd'hui immense...
Attention maintenant, leçon de groove ! Voici tout de suite deux extraits issus de ce chef-d'oeuvre : les tubesques Chameleon et Watermelon Man 'funky version' !

Un an plus tard, Herbie Hancock remet le couvert pour l'album Thrust avec la même équipe, à l'exception d'Harvey Mason remplacé par Mike Clark à la batterie. Le succès reste au rendez-vous dopé par le retentissement du précédent opus. Les ventes sont tout de même plus modestes. La formule reste la même : 4 morceaux aux thèmes relativement longs, groove hypnotique, improvisations débridées, mélange des genres, osmose rare des musiciens...

Sur Man-Child, troisième disque sorti en 1975, plusieurs invités prestigieux tels que Stevie Wonder ou Wayne Shorter firent leur apparition (sur l'album, 18 musiciens sont crédités) mais ce fut surtout l'arrivée du dernier chaînon manquant de cette impitoyable machine à groover : le guitariste Blackbird McKnight.
L'année 1975 vit aussi la naissance du premier album des Headhunters sans Hancock Survival of the Fittest dont le morceau God make me funky fut samplé des années plus tard par les Fugees... Probablement leur meilleur disque sans le maître avant leur plus jazz-rock Straight From The Gate sorti en 1978...

La même année que Man-Child, Herbie Hancock & Headhunters sortent Flood un live au Japon enregistré à Tokyo le 28 juin 1975 : le top du top ! Du beurre ! Sur scène : le groupe avec le même line-up qu'au moment de l'enregistrement de Thrust avec en plus Blackbird McKnight...
Et comme je suis généreux, en voici deux extraits : le groovesque Spank-a-lee et le plus long morceau jamais posté sur ce blog (22,77mb tout de même), le grandiose final de ce live mythique, le dénommé Hang up your hangs up !

En 1976, Herbie Hancock met un terme à cette période dorée avec l'album Secrets, dans lequel on trouve encore Bennie Maupin et Paul Jackson accompagnés cette fois par les guitaristes Wah Wah Watson et Ray Parker, le batteur James Levi et le percussionniste Kenneth Nash. Comme toujours, un condensé de groove qu'illustre merveilleusement cet hymne funk Doin'It!
Pour en savoir plus sur Herbie Hancock, c'est par là !
Pour les Headhunters, c'est ici même !
Pour conclure et parce que vraiment je suis un Père Noël consciencieux
, voici quelques rares extraits videos qu'on peut trouver sur Youtube : ici, là, ou encore ici, ou encore là !







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